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Santé publique

Pour une meilleure protection de la santé des travailleurs au Bénin : l\'urgence d\'une surveillance de l\'exposition aux polluants chimiques en milieu professionnel

L\'étude pilote BIONET (février-juin 2025) auprès de 750 travailleurs du secteur formel et informel au sud du Bénin révèle une situation alarmante :88% des travailleurs enquêtés présentent des symptômes (maux de tête 59%, fatigue chronique 54%, troubles respiratoires 48%) dont l\'exposition professionnelle aux polluants chimiques constitue un facteur de risque reconnu; pourtant, 73% n\'ont aucune protection et 47% ne portent aucun équipement de sécurité.L\'urgence : déployer immédiatement un système de surveillance sentinelle, distribuer des équipements de protection et renforcer l\'inspection du travail, notamment dans le secteur informel (80% de l\'emploi). 

SS Stéphane Stéphane 📅 juin 2026 👁 13 vues

FAITS SAILLANTS

Un état de santé préoccupant

  • 88% des travailleurs rapportent des symptômes (maux de tête chez 59,1% des enquêtés, fatigue chronique chez 53,7%, toux chez 48%) qui suggèrent une exposition cumulative à des irritants respiratoires et neurotoxiques.
  • 37% souffrent d\'une maladie chronique.

Une exposition invisible

  • Une large majorité perçoit l’exposition aux produits chimiques comme présente sur le lieu de travail (77,6 %), et plus d’un tiers (34,6%) la juge élevée.

Un déficit de protection

  • Seulement 27% appliquent un protocole de sécurité formel au travail qui se résume en grande partie au port d’équipements de protection individuelle (EPI) et à des mesures d’hygiène des mains (5,7 %).
  • 47% n\'utilisent aucun équipement de protection individuelle.
  • Usage quotidien des EPI : seulement 39%.

Des liens entre exposition aux polluants et symptômes de santé

  • Associations significatives entre exposition et pathologies respiratoires, neurologiques, cardiovasculaires.

INTRODUCTION

Contrairement aux pays industrialisés disposant de systèmes de surveillance robustes, le Bénin – comme la plupart des pays d\'Afrique subsaharienne – souffre d\'une fragmentation des données sur l’exposition professionnelle aux polluants et ses conséquences sanitaires. Cette lacune empêche toute politique de prévention fondée sur des preuves.

Pour combler cette insuffisance, le programme BIONET (ERASMUS+, Union Européenne) a mené une étude sentinelle au sud du Bénin entre février et juin 2025. Cette étude exploratoire a pour objectif d’étudier 1 l\'exposition des travailleurs aux polluants chimiques et les problèmes de santé qui les affectent. Des recommandations ont pu être proposées pour renforcer la prévention et la surveillance épidémiologique afin de mieux protéger la santé des travailleurs.

APPROCHE

Cette étude a consisté en la collecte par questionnaire de données sur les activités professionnelles, les conditions de travail, l’exposition aux polluants chimiques au travail, les pratiques de protection et l’état de santé. Elle a ciblé 750 travailleurs de l\'Atlantique et du Littoral au Sud du Bénin (agriculteurs, dockers, commerçants, conducteurs, professionnels de santé) recrutés sur 12 sites par des professionnels de la santé formés et supervisés.

RÉSULTATS

Conditions de travail préoccupantes

  • 72% travaillent plus de 8h/jour
  • 53% travaillent plus de 5 jours/semaine
  • 54% ont plus de 10 ans d\'expérience au même poste

→ Ces conditions favorisent l\'exposition cumulative chronique aux polluants.

Polluants les plus fréquemment rapportés

Durées hebdomadaires d\'exposition prolongées

Usage insuffisant des EPI

Défaillances de la prévention

Prévalence alarmante de symptômes

Maladies chroniques

Associations scientifiquement établies

CONCLUSION

Les résultats de l\'étude BIONET démontrent que l\'exposition professionnelle aux produits chimiques au Bénin est une réalité préoccupante. Le manque de protocoles standardisés et l\'accès limité à la médecine du travail aggravent la vulnérabilité des populations actives.

RECOMMANDATIONS

Renforcement de la prévention et de la réglementation

  • Développer et vulgariser des protocoles de sécurité standardisés adaptés aux différents métiers (agriculture, manutention, commerce, transport, etc.).
  • Former et sensibiliser les travailleurs et employeurs à la reconnaissance des risques chimiques et à l’utilisation appropriée des équipements de protection individuelle.
  • Mettre en place un suivi systématique des expositions professionnelles, notamment dans les zones à risque de fortes expositions.

Renforcement du suivi médical et de la surveillance épidémiologique

  • Faciliter l’accès à la médecine du travail pour les travailleurs du secteur informel et agricole.
  • Promouvoir des bilans de santé périodiques pour dépister précocement les atteintes respiratoires ou cardiovasculaires.

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